Exposition montée à l'occasion du centenaire de la disparition de Jules Verne.
Classe concernée : 2D5 du Lycée Paul Claudel de Laon (02). Année scolaire 2004-2005.
1- Cinq semaines en ballon (1863)
Ce qu'on en a dit :
«ce titre Cinq semaines en ballon nous avons annoncé un livre que M. Jules Verne qui intriguera le monde savant comme le firent jadis les découvertes dans le Lune attribuées à Herschell le voyage du docteur Fergusson est-il ou n'est-il pas une réalité
Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il est charmant comme un roman et instructif comme un livre de science. Jamais on n'avait mieux résumé toutes les découvertes sérieuses des voyageurs les plus célèbres. Le récit est palpitant, saisissant, il est gai et touchant. Tous les âges y trouveront leur compte. C'est si rare, un livre que l'on peut recommander à tout le monde »
2- Voyage au centre de la Terre (1864)
Résumé : Otto Lidenbrock et son neveu Axel partent sur les traces d'un alchimiste qui prétend être parvenu au centre de la terre. Accompagnés par un guide, il descendent par la cheminée du Sneffels, volcan d'Islande. Ils découvrent des merveilles souterraines, dont une immense caverne où survivent des animaux préhistoriques. En essayant de descendre davantage, ils provoquent une éruption qui les fait remonter à la surface par le cratère du Stromboli.
Extrait
« Ce n'est qu'une forêt de champignons », dit-il.
Et il ne se trompait pas. Que l'on juge du développement acquis par ces plantes chères aux milieux chauds et humides. Je savais que le «giganteum » atteint, suivant Bulliard, huit à neuf pieds de circonférence ; mais il s'agissait ici de champignons blancs, hauts de trente à quarante pieds, avec une calotte d'un diamètre égal. Ils étaient là par milliers. La lumière ne parvenait pas à percer leur épais ombrage, et une obscurité complète régnait sous ces dômes juxtaposés comme les toits ronds d'une cité africaine.
Cependant je voulus pénétrer plus avant. Un froid mortel descendait de ces voûtes charnues. Pendant une demi-heure, nous errâmes dans ces humides ténèbres, et ce fut avec un véritable sentiment de bien-être que je retrouvai les bords de la mer. »
Ch. XXX
Ce qu'on en a dit
«ce voyage appartient à l'imaginaire, il est un autre trajet bien réel, un fil d'Ariane qui ne s'égare jamais le fil du discours. Le roman se fait avec le voyage ; il avance avec celui-ci. On peut même affirmer que le roman est le véritable but du voyage ; après son retour, Axel publie son récit. En parallèle au voyage imaginaire, le roman raconte l'histoire de sa narration, de son écriture. »
Daniel Compère, Un voyage imaginaire de Jules Verne «au centre de la Terre », Lettres modernes-Minard, 1977, pp.74-75.
3- De la Terre à la Lune (1865)
«Ardan subvertit bel et bien un projet qui malgré son audace est présenté d'une façon assez ironique par Jules Verne. Ce dernier se moque férocement de ces guerriers au chômage, de cette «éunion d'Anges exterminateurs, au demeurant les meilleurs fils du monde » (ch.I). Cette attaque violente doit être replacée dans le contexte idéologique du groupe d'hommes qui entourent l'éditeur Hetzel. Jules Verne lui-même fait montre d'un antimilitarisme assez surprenant dans une période où l'on chante l'armée de la conquête coloniale. »
4- Vingt mille lieues sous les mers ( 1869-1870)
Résumé : Le scientifique français Aronnax, accompagné de son domestique Conseil, embarque sur une frégate américaine pour chasser un monstre marin. Avec le harponneur Ned Land, ils se retrouvent à bord du Nautilus, qui n'est autre qu'un sous-marin, dirigé par le Capitaine Nemo, et vont effectuer un voyage sous les eaux.
« Oui je l'aime La mer est tout Elle ouvre les sept dixièmes du globe terrestre. Son souffle est pur et sain. C'est l'immense désert où l'homme n'est jamais seul, car il sent frémir la vie à ses côtés. La mer n'est que le véhicule d'une surnaturelle et prodigieuse existence ; elle n'est que mouvement et amour ; c'est l'infini vivant, comme l'a dit un de vos poètes. Et en effet, monsieur le professeur, la nature s'y manifeste par ses trois règnes, minéral, végétal, animal. Ce dernier y est largement représenté par les quatre groupes des zoophytes, par trois classes des articulés, par cinq classes des mollusques, par trois classes des vertébrés, les mammifères, les reptiles et ces innombrables légions de poissons, ordre infini d'animaux qui compte plus de treize mille espèces, dont un dixième seulement appartient à l'eau douce. La mer est le vaste réservoir de la nature. C'est par la mer que le globe a pour ainsi dire commencé, et qui sait s'il ne finira pas par elle Là est la suprême tranquillité. La mer n'appartient pas aux despotes. A sa surface, ils peuvent encore exercer des droits iniques, s'y battre, s'y dévorer, y transporter toutes les horreurs terrestres. Mais à trente pieds au-dessous de son niveau, leur pouvoir cesse, leur influence s'éteint, leur puissance disparaît Ah monsieur, vivez, vivez au sein des mers Là seulement est l'indépendance Là je ne reconnais pas de maîtres Là je suis libre »
1re partie, ch. X.
Ce qu'on en a dit :
«Véritable mythe littéraire, «l'homme des eaux » ne peut se réclamer que du surhumain. Sous la plume inspirée de l'écrivain, il a acquis cette stature exceptionnelle de l'être solitaire en quête d'un absolu de liberté au fond des mers, qui a contribué à lui donner cette aura romantique d'une âme énigmatique consacrée tragiquement à une double passion : amour pour la nature et les merveilles de l'univers maritime ; haine pour les hommes et leur oppression sur l'univers terrestre. »
Philippe Scheinhardt, «diptyque du capitaine Nemo », dans Jules Verne écrivain, Bibliothèque municipale de Nantes/Joca Seria, 2000, p.67.
5- Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873)
Résumé : A la suite d'un pari, l'anglais Phileas Fogg entraîne son domestique Passepartout dans une course autour du monde qu'il doit réaliser en un maximum de 80 jours. Il est poursuivi par l'inspecteur Fix qui croit que Fogg est un malfaiteur. Aux Indes, il va sauver la vie d'Aouda, une jeune veuve, qui va les suivre jusqu'à la fin du périple.
Extrait
Ch. XXXVII
Ce qu'on en a dit :
« Le temps les quatre-vingts jours que s'est donnés Phileas Fogg ferment la terre sur elle-même dans les limites étroites d'une rectitude temporelle. C'est donc que la terre peut être parcourue à partir d'une mesure de temps donnée au départ, fixée. »
6- L'Ile mystérieuse (1874-1875)
Résumé : Cinq prisonniers s'évadant d'un camp au moyen d'un ballon, lors de la guerre de sécession. L'ingénieur Cyrus Smith, le journaliste Gédéon Spilett, le marin Pencroff, le serviteur noir Nab et le jeune Harbert, accompagnés du chien Top se retrouvent sur une île déserte qu'ils baptisent "Lincoln". Ils seront régulièrement aidés par une "puissance mystérieuse", qui n'est autre que le Capitaine Nemo, et secoureront Ayrton, retrouvé sur une île voisine.
Extrait
« Il en profitait pour s'instruire de tous les loisirs que lui laissaient les occupations manuelles, il lisait les quelques livres trouvés dans la caisse, et, après les leçons pratiques qui ressortaient de la nécessité même de sa position, il trouvait dans l'ingénieur pour les sciences, dans le reporter pour les langues, des maîtres qui se plaisaient à compléter son éducation.
L'idée fixe de l'ingénieur était de transmettre au jeune garçon tout ce qu'il savait, de l'instruire par l'exemple autant que par la parole, et Harbert profitait largement des leçons de son professeur. »
2e partie, ch. IX.
Ce qu'on en a dit :
7- Michel Strogoff (1876)
Extrait
«Strogoff était de haute taille, vigoureux, épaules larges, poitrine vaste. Sa tête puissante présentait les beaux caractères de la race caucasique. Ses membres, bien attachés, étaient autant de leviers disposés mécaniquement pour leur meilleur accomplissement des ouvrages de force. Ce beau et solide garçon, bien campé, bien planté, n'eût pas été facile à déplacer malgré lui, car, lorsqu'il avait posé ses deux pieds sur le sol, il semblait qu'ils s'y fussent enracinés. Sur sa tête, carrée du haut, large de front, se crépelait une chevelure abondante, qui s'échappait en boucles quand il la coiffait de la casquette moscovite. [...]
Michel Strogoff avait le tempérament de l'homme décidé, qui prend rapidement son parti, qui ne se ronge pas les ongles dans l'incertitude, qui ne se gratte pas l'oreille dans le doute, qui ne piétine pas dans l'indécision. Sobre de gestes comme de paroles, il savait rester immobile comme un soldat devant son supérieur ; mais, lorsqu'il marchait, son allure dénotait une grande aisance, une remarquable netteté de mouvements, - ce qui prouvait à la fois la confiance et la volonté de son esprit. »
1re partie, ch. III
Ce qu'on en a dit :
«L'itinéraire que mène Michel Strogoff du Couchant au Levant conduit le héros, par le biais très symbolique du passage de la «écité » à la vue, à renaître en dépassant le stade des simples apparences. Tel est le sort que l'on ne peut que souhaiter à un lecteur d'aujourd'hui à qui s'applique indiscutablement l'injonction qui désigne dans le livre le châtiment du courrier du tsar regarde de tous tes yeux, regarde »
8- Les Indes noires (1877)
Extrait
9- Les Cinq Cents Millions de la Bégum (1879)
Extrait
Chapitre XX (extrait)
CONCLUSION
Ce qu'on en a dit :
« c'est la Science, avec une majuscule, qui est ici sous-jacente, tout au long, sous forme d'une lutte symbolique entre deux conceptions de l'utilisation que l'humanité en fait. L'éternel dilemme science bienfaisante science malfaisante est posé en une situation concrète qui court du début jusqu'à la fin, selon un rythme haletant parfaitement dramatique. »
Charles-Noël Martin, préface aux Cinq Cents Millions de la Bégum, éd. Rencontre, 1966, p.4.
10- Le Château des Carpathes (1892)
Extrait
Ce qu'on en a dit :
Maurice Mourier, préface au Château des Carpathes, Pocket, 1992, pp.9-10.